Cet article présente une première partie des enjeux de l'outil de "Cocon de la bienveillance" que j'ai créé pour aider à la culture de la bienveillance pendant des réunions, quelle que soit la sphère de vie.
Dans un cadre de sécurité ou de confiance, quand on évoque le mot "bienveillance", chaque participant a sa propre vision. La bienveillance peut même être non pertinente pour certains pour des raisons évoquées dans la partie "Accordons-nous !" de la page de référence. Elles relèvent parfois de croyances limitantes ou d'effet "chat échaudé craint l'eau froide" au regard de ce que certaines personnes ont pu souffrir d'une utilisation abusive et/ou manipulatrice de ce mot.
Vous avez dit "Bienveillance" ?
Donc le premier enjeu du cocon est d'essayer de s'entendre un peu plus ou vraiment carrément plus sur ce que l'on veut faire ensemble pendant la réunion (et les éventuelles suivantes en cas de réunions récurrentes) en matière de bienveillance.
Le spectre peut être assez large entre :
- une vision que je qualifierai de minimaliste, à savoir éviter les paroles et actes malveillants intentionnels ; une forme de pacte de non-agression intentionnelle ("et tant pis si tu es susceptible, moi je ne voulais pas à t'agresser, donc on n'a rien à me reprocher !").
- jusqu'à une vison très ambitieuse avec notamment un fort niveau d'empathie de chaque participant pour être capable d'écouter pleinement les autres, de prendre en considération les besoins et aspirations de chacun dans les décisions, de pouvoir le cas échéant leur faciliter la vie, de prévenir les tensions, d'être en capacité de gérer celles qui sont inévitables, le cas échéant en direct live pendant la réunion, ...
Pour appréhender cet enjeu on peut se reposer sur deux de mes éléments de modélisation :
- 3 axes de bienveillance qui sont indissociables dans une vision ambitieuse de la bienveillance,
- et une échelle (ou continuum) de la bienveillance en 3 segments (malveillance, absence de bienveillance, bienveillance) en prenant conscience que l'absence de bienveillance peut dans certains cas être plus impactante psychologiquement que la malveillance car certains comportements d'indifférence sont dans la négation de l'autre : tu n'existes pas.
Ces deux éléments qui à eux deux dressent déjà les contours d'une vision tellement loin du bisounours et de la complaisance.
Il n'y a pas que le "Quoi" qui compte : il y a le "Comment"
Le deuxième enjeu est autour du "Comment" et part d'un constat : une réunion, au même titre qu'une raison d'être, mérite d'être considérée à travers son "Pourquoi", son "Comment" et son "Quoi".
Je constate que bien souvent le "Quoi" prend une place énorme. Nous sommes dans une société du "Faire", et même du "Faire vite, en urgence et avec moins". Le "pragmatisme" devient une valeur clé qui quelques fois cache en réalité du cynisme et de l'égoïsme. Et il faut prendre conscience que le déficit de bienveillance est souvent une question d'impasse par focalisation sur le "Quoi" et le manque de temps.
Quand il y a un rôle d'animation, de facilitation dans la réunion, le "Comment" est pensé et cela assure avec plus ou moins d'efficacité que le "Quoi" puisse être satisfait à la fin de la réunion.
Seulement, même si le "Comment" est posé, le "Comment" investit-il la bienveillance à chaque participant, à la raison d'être du groupe (s'il s'agit d'une réunion de groupe), en alignement avec la bienveillance dans le "Pourquoi" et dans le "Quoi" pour peu qu'ils aient été posés ? Quelques questions sur le "Comment" : comment s'assurer que chacun puisse être suffisamment entendu sur sa situation, sa perception, ses besoins et aspirations, comment prendre des décisions gagnant-gagnant intégrant aussi les parties prenantes absentes, comment gérer les tensions, ...
Le mieux est l'ennemi du bien
Voltaire avec son "Le mieux est l'ennemi du bien" et bien avant lui le "Rien de trop !" (combiné au "Connais-toi toi-même !" gravés sur le fronton du Temple de Delphes méritent de nous inspirer à plusieurs titres :
- Sur l'ambition du niveau de bienveillance que l'on veut pratiquer, compte tenu de la pratique de chacun et le cas échéant du groupe.
- Sur les objectifs recherchés du "Quoi" de la réunion.
- Sur les attendus de chaque participant.
- Dans les actions décidées lors des prises de décision, et sur ce que cela implique en terme d'engagement et de difficultés futures pour chacun.
Je finis par un enjeu important concernant le développement de la bienveillance : il s'agit d'un cheminement et pas d'un objectif. La recherche de la bienveillance, et notamment la dimension de sécurité, ne doit pas être excessive faisant prendre le risque de la
loi de l'effet inverse (ou inversé), à savoir que
l'excès de recherche de sécurité crée, amplifie l'insécurité. En cela, il y a donc l'enjeu d'acceptation des tensions, notamment celles liées à l'ego. L'acceptation sera d'autant plus facile qu'une dimension ludique sera présente dans les esprits et dans la façon de vivre la réunion. Jouer la bienveillance en sachant ne pas se prendre trop au sérieux, ne pas surjouer les enjeux, passer un bon moment à jouer VS jouer pour gagner.
Ces enjeux font partie de ceux évoqués dans l'annexe au visuel :
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