La spirale positive de la bienveillance

Spirale positive de la bienveillance

Le cheminement individuel, interpersonnel et collectif vers plus de bienveillance procède d'une spirale positive, d'un cercle vertueux qui active des émotions "positives" et produit trois types d'effet :

  • le renforcement de la pratique bienveillante,
  • la réciprocité,
  • la contagion de la pratique de la bienveillance envers d'autres personnes, d'autres territoires et l'inspiration qu'elle peut donner à d'autres personnes et collectifs.

En partant d'une interaction, d'une rencontre interpersonnelle

Nous pratiquons presque tous la bienveillance comme Monsieur Jourdain fait de la prose, à l'exception des psychopathes. Nous la pratiquons chacun à des degrés divers, selon les situations, les cibles de notre potentielle bienveillance, notre disponibilité, notre humeur du moment, ...

Chaque interaction avec autrui nous offre l'opportunité d'être bienveillant, et c'est notre propre responsabilité. Prenons le cas d'une interaction avec une personne que nous ne connaissons pas.

Un enjeu de la bienveillance est une question de posture : 
  • celle considérant que l'interaction est une rencontre et acceptant que cette rencontre puisse être transformatrice mutuellement. Je me mets dans l'attitude d'apprendre, d'évoluer, de grandir par cette interaction, de ne pas me figer dans mes croyances, mes certitudes. Je me rends ouvert à ce qu'elle puisse être le premier pas d'une possible relation dont la fréquence et le niveau de proximité deviendront ce que nous en ferons.
  • celle voulant le bien de la personne en face, de lui porter mon attention et de lui faciliter la vie dans la mesure du possible.
  • celle l'invitant plus ou moins ouvertement à jouer tous les deux l'interaction dans la bienveillance.
Je donne ci-dessous un schéma décrivant la formation de la spirale, en partant de notre propre responsabilité. J'utilise la première personne du singulier pour indiquer que le point de départ est soi-même. Ce schéma met en évidence l'impact émotionnel et psychologique de la bienveillance en considérant des enseignements des recherches en psychologie, et notamment en psychologie positive :
  • La pratique de la bienveillance est constitutive de la bonne santé psychologique du bénéficiaire et du donateur.
  • La gratitude est une émotion positive, et en cela, la gratitude est temporellement d'abord bénéfique pour la personne qui ressent la gratitude puis ensuite pour la personne à qui elle l'exprime
  • La qualité de la relation est un des facteurs les plus importants de la bonne santé psychologique

spirale bienveillance interaction















L'enroulement de la spirale ne tient vraiment pas du yakafokon, ni du claquement de doigt. Il se heurte à de nombreux freins, et notamment de notre société de consommation où tout doit aller très vite, le nez sur l'écran du téléphone portable dès qu'on a un moment pour respirer.

Les leviers à actionner pour le développement de la spirale sont les pendants des freins. Voici les trois principaux que je constate :

  • Le manque de temps est un frein. Le plus grand levier à plus de bienveillance est de savoir se donner du temps, individuellement et collectivement. Et une fois ce petit rien qui fait presque tout, alors il nous deviendra beaucoup facile de donner du temps à ce qui nous sera révélé comme précieux. Parce qu'en réalité, au vu du nombre d'heures que passe une personne en moyenne hypnotisé par son téléphone portable, il est impossible d'invoquer sérieusement et honnêtement un manque de temps.
  • le manque d'attention est un autre frein. Les grands responsables sont ceux qui génèrent les contenus de notre téléphone portable (encore lui) dans une compétition incroyable pour mobiliser notre attention (notion d'écologie de l'attention) pour directement ou indirectement nous pousser à consommer encore plus ou à manipuler nos opinions. Consacrer délibérément de l'attention à autrui et à nos écosystèmes d'appartenance est un levier qui nous permet dans un premier de constater l'état objectif dans lequel ils sont, et ensuite  d'agir en conséquence pour en prendre soin.
  • le manque d'empathie, le jugement radical, l'intolérance, le cynisme constituent un 3ème frein qui se combine avec le manque de temps, permettant de prétexter le pragmatisme pour ne pas s'occuper de ce qui ne serait pas strictement urgent et important aux yeux de la société de consommation et de libertés individuelles. L'empathie est le levier qui nous permet de comprendre la situation, les perceptions, les aspirations et besoins des personnes avec qui on interagit. Comment imaginer être efficace à faire du bien à autrui si on ne sait pas donner les moyens de savoir ce qui pourrait lui faire du bien ?
Je propose dans le tableau suivant de balayer les principaux leviers pour chacune des étapes de la spirale :


Spirale bienveillance leviers

On pourrait facilement en ajouter d'autres, mais cela me paraît déjà bien de visualiser ceux décrits dans le tableau et de comprendre qu'en effet, les choses ne sont pas gagnées d'avance dans le monde d'aujourd'hui et que l'activation d'une telle spirale nécessite une détermination certaine.

La spirale positive dans le cadre d'une relation

Le même type de spirale peut se travailler au niveau d'une relation, et plus seulement comme conséquence d'une interaction.
Il s'agit alors du cheminement d'une relation où les deux protagonistes sont co-responsables, à la fois de la bienveillance mutuelle, et aussi l'attention envers la relation elle-même.
spirale bienveillance relation
















Une relation qui développe la bienveillance a capacité à produire deux types de contagion :

  • Pour chacun des protagonistes : l'envie de développer aussi la bienveillance dans d'autres relations existantes ou/et dans de nouvelles relations.
  • Pour des personnes observatrices de la relation : l'envie de développer aussi la bienveillance dans certaines de leurs relations qui s'y prêteraient particulièrement ou/et dans de nouvelles relations

La spirale positive dans des rencontres collectives et au sein de collectifs

Le même type de spirale peut aussi se travailler au niveau de rencontres collectives, à l'initiative d'une ou plusieurs personnes et au sein de collectifs. Pour ces deux cas de figure, les étapes sont globalement les mêmes.

Dans une rencontre collective réunissant des personnes qui ne forment pas un groupe constitué et qui ne se connaissent pas ou peu, une ou plusieurs personnes peuvent faire preuve de bienveillance, ce qui peut faire le point de départ de la spirale. Ce sera d'autant plus le cas si un outil tel que le Cocon de la bienveillance est proposé en amont ou en début de rencontre pour faciliter le développement de la bienveillance.

Cet outil peut aussi être utilisé de manière récurrente au sein de collectifs, dans les réunions et aussi dans les interactions de la vie du collectif. Auquel cas, la bienveillance porte non seulement sur les membres du collectif mais aussi sur la raison d'être du collectif lui-même et sur les parties prenantes avec qui le collectif coopère. 

Ce qui donne une autre dimension de contagion : la contagion des parties parties prenantes qui peuvent développer leur propre spirale de la bienveillance en interne et avec leurs propres parties prenantes et ainsi de suite.







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